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L’intelligence collective, faut-il l’adopter ?

Publié par le dans Questions d'équipes

Les ingrédients de l'intelligence collective

Ces derniers mois, une expression, en apparence toute simple, a mobilisé énormément de matière grise chez One to Team : l’intelligence collective ou, en abrégé, l’IC. Et pour cause ! On en entend parler de plus en plus et cela concerne directement les équipes. Ce sujet a déjà fait couler beaucoup d’encre*, alors je me suis dit que je pouvais bien en rajouter un petit peu…

Comment parler de l’IC ?

On parle d’IC dans des domaines très variés tels que le sport (documentaire à voir : Football, l’Intelligence Collective), la nature, les collectivités (autre documentaire très intéressant : le Pouvoir de l’Intelligence Collective), les entreprises…

Quand on creuse la question, on remarque que certaines notions, certains mots se retrouvent régulièrement associés à l’IC comme par exemple : la facilitation, la collaboration, l’humanisme, le bonheur, les entreprises libérées, la sociocratie, l’intelligence coopérative, la pleine conscience, le sens, les intelligences multiples, la communication non-violente, les méthodes agiles…  

La liste est longue… 
… Et les interprétations et définitions de l’intelligence collective sont multiples.

C’est que le sujet est plus complexe qu’il n’y paraît et difficile à analyser de manière purement empirique.

Le sujet est plus complexe qu’il n’y paraît !

En effet, comment constater concrètement la présence d’IC ? Par exemple chez l’être humain (je laisserai de côté les colonies de fourmis), enregistre-t-on la présence d’IC par la qualité des résultats engendrés, par le type de comportements observés, par l’efficacité d’un processus, par l’appréciation de chaque individu du collectif sur le résultat, ou encore par comparaison avec d’autres collectifs… ? Autant d’outils de mesure d’une objectivité plutôt limitée.

Qu’à cela ne tienne… plutôt que de définir précisément les contours de l’IC, j’ai essayé de voir quelles pouvaient en être les principales composantes, ou du moins ce qui, en toute subjectivité, me semblait important.

Un contexte de changement

Tout d’abord, il me semble que l’IC naît dans un contexte de changement où un collectif cherche à passer d’un état à un autre : de l’inefficacité à la performance, du désordre à l’ordre, du manque au besoin satisfait, du compliqué au simple, de l’ignorance au savoir, du rien au quelque chose…

Un contexte de changement

Effectivement, inutile de se fatiguer à activer la matière grise et les connexions dans notre cerveau (qui plus est, organe le plus gros consommateur d’énergie !) si tout convient en l’état actuel des choses. Il faut donc qu’il y ait quelque chose à changer, une envie de passer à l’action, de faire bouger les lignes.

Quand 1 ne suffit plus

Bien sûr, pour que l’intelligence devienne collective, ce passage d’un état à un autre doit nécessiter la présence de plusieurs individus. C’est-à-dire que les capacités d’une seule personne ne permettent pas le changement souhaité. Si l’individualisme perd en intensité ces derniers temps au profit du collaboratif, c’est bien parce que les enjeux et la complexité du monde dans lequel on vit maintenant, ne trouvent pas leurs solutions dans quelques cerveaux isolés mais dans une association de cerveaux en connexion.

Besoin d’une force de transformation…

Ainsi pour qu’un processus d’IC se mette en marche, il a besoin d’une force de transformation suffisante pour entraîner la machine, une sorte de starter. C’est-à-dire que le processus requiert au démarrage une dose d’individus motivés qui auront suffisamment d’énergie pour entraîner avec eux ceux dont le collectif a besoin. On pense notamment aux individus qui, du moins dans un premier temps, sont plutôt dans l’expectative, suiveurs ou encore observateurs. 

Une force de transformation pour entraîner la machine

… et d’individus connectés

Par ailleurs, tous ces individus doivent échanger, d’une manière ou d’une autre. Un processus d’IC ne serait rien sans les interactions entre ses membres : c’est ça la valeur ajoutée du collectif par rapport à l’individu. C’est ce 1+1 = au moins 3. C’est comme la magie de la cuisine : une pâte brisée seule ? Bof… Des mirabelles seules ? Ouais, aller, on se laisse tenter par 3-4… De la migaine (expression lorraine qui désigne ce petit mélange œuf-crème ;-)) ? !?!… Du sucre ? Faudrait pas en abuser… Et que pensez-vous d’une tarte à la Mirabelle ? Miam ! On en redemande ! C’est justement l’interaction entre la migaine et les fruits, les fruits et la pâte, le sucre et les fruits, qui donne ce résultat bien supérieur, « gourmandisement » parlant, à chaque ingrédient pris séparément.

Intelligences plurielles

De même que le terme « humain » désigne une infinie diversité d’individus, l’expression « intelligence collective » s’utilise au singulier pour décrire une réalité bien plus multiple et plurielle. Soyons clair : il n’existe pas une seule et unique forme d’IC. Rien qu’à l’échelle d’un individu, si l’on tente de recenser les types d’intelligence, le modèle des intelligences multiples d’Howard Gardner, qui en dénombre 8, est une bonne base pour prendre conscience des différentes façons de manifester son intelligence. Ce que je retiens de tout ce que j’ai pu lire sur la question de l’intelligence, c’est que chaque individu naît avec une dose singulière d’intelligence innée et enrichit cette faculté tout au long de sa vie (du moins c’est ce qu’on lui souhaite).

Prendre conscience des différentes façons de manifester son intelligence

Le développement de l’intelligence est donc soumis à de nombreuses variables comme l’environnement social, familial, l’éducation, le physique, les rencontres, le hasard, le caractère…
L’état de notre intelligence à l’instant T n’est rien d’autre que le fruit d’innombrables facteurs complexes et reliés : la génétique, l’environnement, la personnalité…

Des intelligences collectives

A l’échelle d’un collectif, on observe le même phénomène que pour un individu, à savoir que l’IC est le fruit de plusieurs facteurs interconnectés :

  • Une dimension individuelle avec toute la singularité des individus qui composent le collectif
  • environnementale avec un contexte géographique, politique, social, économique, temporel…
  • collective avec une identité propre (sorte d’égrégore ?), un fonctionnement, une raison d’être…

Tout est lié… et rien n’est figé car en perpétuel développement.
L’individu nourrit le processus qui lui-même nourrit l’individu… Qui de l’œuf ou de la poule… ?

La singularité de chaque processus d’IC et son évolution constante en font un système vivant très complexe, avec de nombreux paramètres, pour lequel LA bonne équation universelle n’existe pas. C’est en jouant patiemment sur les différents paramètres, pas à pas à la façon Kaizen, que cette structure apprenante qu’est le collectif évolue et réalise le changement pour lequel elle a été créée.

Ensemble, on va où ?

Avancer pas à pas… oui mais dans quelle direction ? Il me semble que si un collectif ne doit pas forcément déterminer avec exactitude où le chemin va le mener, il doit au moins être capable d’avancer d’un seul pas dans une même direction.
Et cela implique plusieurs choses :

  •  tout d’abord que cette direction soit lisible, exprimée, connue de tous. Cela sous-entend de définir un cadre de référence commun, de parler le même langage.
  • ensuite cela implique que chacun considère la direction choisie comme étant la bonne. En d’autres termes que le sens commun fasse sens pour chacun. Cela suppose que chaque individu ait une certaine conscience de soi lui permettant de confirmer l’alignement de ses propres valeurs (principes, raison d’être, ambitions personnelles, vision…) avec la direction choisie. Lorsque cela fonctionne, cela entraine un sentiment d’engagement fort car chaque personne trouve sa source de motivation au plus profond d’elle-même.
  • Cela implique enfin que chacun agisse comme contributeur du collectif dans le but de le faire avancer (et non pas pour la gloire personnelle ou pour servir ses propres intérêts). Autrement dit, chacun doit être convaincu et se sentir responsable du fait qu’il a effectivement un rôle à jouer et que sa contribution est mise au service de quelque chose de plus grand.

Bien sûr, ces processus de communication, de pleine conscience, du sens de la responsabilité, de l’alignement des valeurs, n’arrivent pas un beau jour comme par magie. C’est un cheminement individuel qui influence le cheminement collectif, qui à son tour fait évoluer le cheminement individuel… etc… l’œuf, la poule…

Une dose d’Humanisme

L’alchimie de l’IC ne peut se produire selon moi sans un autre ingrédient essentiel : une bonne dose d’« humanisme » qui met tout simplement l’Humain et le respect des individus au centre des motivations. On peut citer Jean-François Zobrist à l’origine du management FAVI, entreprise « libérée », qui croit fondamentalement que «  l’homme est bon » et qui a décliné tout son management selon ce principe simple.

Faire confiance en l’être humain

Faire confiance en l’être humain et l’accepter tel qu’il est avec sa diversité, ses qualités (et ses imperfections !) est un principe qui, une fois appliquée dans du concret, permet d’orienter un processus d’IC de façon constructive et bienveillante et d’éviter ainsi les écueils qui mènent aux heures les plus sombres de notre Histoire souvent citées en exemple de bêtise collective.

Pourquoi il faut vraiment adopter l’intelligence collective

Alors bien sûr, dit comme ça, on comprend que l’IC puisse repousser par certains aspects : ça paraît tout compte fait bien plus complexe que de travailler seul (Scratch-scratch…), ça demande un certain regard intérieur, d’être au clair avec ses convictions (Aïe !), ça veut dire accepter le changement, les autres, la différence (Gla gla…), accepter de changer, d’aller vers l’inconnu (Brrrrrrrr !)… De plus le risque d’échec ou de devoir reculer parfois est bien présent (Argll !).

Mais alors pourquoi cet engouement pour l’intelligence collective !

Parce qu’on n’a pas le choix, me direz-vous ? Oui, c’est vrai. Et bien d’autres choses encore : parce que quand un processus d’IC arrive à son terme, ça donne souvent un résultat détonnant au-delà des espérances (Hoooo !), un sentiment de fierté d’avoir fait partie de ce truc-là (Yééééééh !), ça donne envie de recommencer tellement c’était bien, ça apporte du bonheur (Aaaaaah !), ça crée des échanges humains riches, tout le monde en sort grandi, tout le monde apprend (Whouaaah!)… bref, c’est la vie !

… Et même quand le processus subit des revers (l’erreur est humaine), une fois le coup accusé, on en sort grandi, prêt à recommencer, plus fort (on apprend de ses erreurs)… c’est la vie !

Et puis il faut dire qu’aussi complexes soient-ils, il existe des aides qui permettent de démêler les nœuds des processus d’IC. Par exemple les facilitateurs : ils soutiennent les collectifs grâce, notamment, à des outils et techniques de facilitation qui aident à la prise de décision, au brainstorming, à la coordination… Il y a aussi de nombreuses possibilités de « s’entraîner » à collaborer en intelligence collective grâce à des expériences ludiques, ou l’erreur est permise, le sourire obligatoire et l’apprentissage inéluctable… si, si ! Demandez-nous, vous verrez ! ;-)

Visitez notre site entièrement dédié à l’accompagnement des démarches d’intelligence collectives en entreprise : ott-intelligence-collective.com

 

* : On peut citer notamment le livre blanc sur l’intelligence collective, les nombreuses contributions de Philippe Olivier Clément, le projet vision 2021


4 commentaires pour “L’intelligence collective, faut-il l’adopter ?”

  1. 1
    Stéphane dit :

    A fait suivre cet article sur Scoop It.

  2. 2
    Nathalie dit :

    RT @HRSCOPE: Intelligence collective : ce sont les interactions qui font la valeur ajoutée

  3. 3
  4. 4

    A fait suivre cet article sur Scoop It.